Best Rottweilers

Une personnalité forte, une idée tranchée sur ce que doit être un bouvier allemand, un cœur gros comme ça, mais surtout un cheptel que beaucoup d'éleveurs en Europe peuvent lui envier… Nous parlons d' Irina Benitskaia.

Article de Franck Haymann, www.aniwa.com

 
 

SOMMAIRE

Irina, dévouée corps et âme au Metzgerhund…
Où sont les femmes ?
Une étoile est née
Vom Löwenherzritter…un nom qui débute

 

Irina, dévouée corps et âme au Metzgerhund…

Dans chaque pays, l’élevage du Rottweiler a croisé le chemin de ces passionnées dont certaines ont apporté leurs lettres de noblesse à la sélection mondiale : De Marion Bruns (Eulenspiegel Kennel) en Allemagne, à Kiene Zandbergen (Ter Waele) et Miss Huyskens (Van Het Brabanpark) aux Pays-Bas, en passant par Yvonne Richard (Del Cavaliere Nero) en Italie et Liz Dunhill (Fantasa Kennel) en Angleterre, sans oublier Elena Kholevina (Rus Rph Nekar) en Russie et plusieurs éleveuses de talent outre-Atlantique (Joan Foote, Grace Acosta, Muriel Freeman, etc…) qui laissent une empreinte, sinon indélébile, en tout cas très forte dans la sélection de leur pays. Sans avoir l’expérience de ces dernières, en France, plusieurs femmes ont décidé de montrer « qu’elles en savaient autant » que la majorité de ces éleveurs un tantinet machistes et peu enclins à laisser le sexe faible bousculer une hiérarchie bien établie depuis des lustres…

Où sont les femmes ?

En remontant l’histoire de la race en France, la grande majorité des pionniers de l’élevage et de leurs successeurs est essentiellement composée d’hommes. Les éleveuses sont beaucoup plus rares. Celles qui se distinguent au plus haut niveau se comptent sur les doigts de la main. Si plusieurs éleveuses font l’actualité du Rottweiler et sortent des chiens qui font honneur à leur élevage et surtout la joie de leurs maîtres, il en est une qui, en l’espace de quelques années, s’est hissée au plus haut niveau. Il s’agit d’Irina Benitskia, qui, comme son nom le suggère, est Russe. Au début, elle a su dénicher des sujets de 1er ordre. Mais rapidement, le désir de passer le cap de l’élevage s’est fait sentir. Aujourd’hui, Irina n’est plus seulement une talentueuse présentatrice et conductrice, elle s’est lancée dans l’élevage et travaille sur les lignées qui lui ont fait découvrir et aimer le « vrai Rottweiler ».

Celles d’Ilco Vom Fusse Der Eiffel (un mâle issu de la célèbre fratrie en I qui, à ce jour, est la seule portée de Rottweilers ayant sortie trois Klubsieger au championnat ADRK) et surtout, d’Hasko Vom Hohegeiss, un mâle né en 1989 chez Siegfried Holland (Braunlage-Hohegeiss), père de son premier multi-champion.

 

 

 

 

 

 

 

Hasko appartenait à Regina Mackowiak, une Allemande passionnée, qui connaît sur le « bout des doigts » ce qui se passe dans le pays d’origine de la race. Régina inoculera par Hasko interposé, la passion du Rottweiler à Irina. Elle lui fera découvrir l’intérêt des examens de sélection (Körung), l’examen attentif du comportement des chiens lors de leur prestation sur le terrain, le caractère d’un Rottweiler qui est avant toute chose… un chien d’utilité. Pour elle, comme pour Irina aujourd’hui, le fond importe plus que la forme, à partir du moment où le type est conservé.

     

Une étoile est née

Installée en France depuis une quinzaine d’années, Irina ne fait pas dans la demi-mesure. Quand elle fait l’acquisition de son premier Rottweiler, c’est la passion qui l’anime. Coup de chance, son premier mâle deviendra un seigneur. C’était en 1994. Elle le choisit dans l’élevage d’Amour Mechety, installé en Seine-et-Marne. Un chiot mâle qu’elle appellera James, James de La Pièce de l’Assault pour être précis, qui au fil des mois, s’avérera plus que très prometteur. Pour un premier choix, ce fut un coup de maître.

James deviendra le chien d’élevage français le plus titré à ce jour. Il vit une retraite bien méritée auprès d’Irina qu’il continue de surveiller comme son ombre. Il a neuf ans et ses descendants qui se sont distingués en Nationale d’Elevage et en Championnat se comptent par dizaines. Enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants de James ne peuvent que confirmer par leurs prestations l’importance de ce mâle dans l’élevage français de ces dix dernières années.

A son palmarès, James n’aligne que des résultats de 1er plan qui peuvent être portés au crédit de l’élevage français tout entier par leurs retombées. En 1997, il se classe 1er au championnat de France, sur l’hippodrome de Longchamp. L’année suivante, il se retrouve 1er Excellent RCACIB en classe champion, lors de la fameuse exposition mondiale (FCI) qui se déroulait à Helsinki en Finlande.
Autre moment fort de sa carrière, son Best in Show (Meilleur chien de l’exposition) remporté en Ile de France à Mantes La Jolie (Une manifestation devenue internationale depuis). Une première en France pour un Rottweiler dans une « toutes races » et sûrement pas la dernière…

 

 

 

 

D’autres vedettes suivront, notamment, Bjorn Vom Gustener Moor. Mais contrairement à James, il est entré à l’âge adulte dans la famille d’Irina. Un chien différent, avec beaucoup de jus, toujours sur le qui-vive, qui en 2001 et 2002 a remporté de nombreuses victoires dans différentes expositions de championnat, dont le CACS lors de la Nationale d’élevage du Club Français du Rottweiler. Bjorn est parti pour toujours, il y a quelques mois mais a laissé une descendance dans plusieurs élevages dont celui de sa propriétaire qui a fort heureusement gardé quelques-uns de ses rejetons. Voici la description qu’Irina fait de ses deux vedettes :


« Autant la vie avec James se base sur une confiance totale et réciproque autant celle avec Bjorn réclamait plus de doigté et d’attention. Tant sur le plan morphologique – la forme – que du caractère – le fond -, James est bien différent de Bjorn. Mais leur complémentarité m’a réservé d’heureuses surprises en élevage ».

Vom Löwenherzritter…un nom qui débute

Une base d’élevage solide – c’est-à-dire la souche maternelle –, Irina est partie la chercher en Allemagne. Chez un petit éleveur, Zwinger Vom Amsbach, où est née la femelle Dari, née le 28 mars 1996. Cette femelle présentait, pour Irina, un « papier » très intéressant : du côté du père, Kai Vom Kiefernweg, un étalon très sollicité en Allemagne, on retrouve des chiens célèbres.

Notamment, le KS Dingo Vom Schwaiger Wappen, que tous les spécialistes considèrent comme le meilleur chien jamais produit par Xaver Meixner, et Bill Vom Biefang, champion de travail DM ADRK.